Mes touchers thérapeutiques : 
Trager
et Myofascialogie

Veuillez noter que je développe les deux approches/techniques en parallèle mais aussi de concert, car elles offrent une
excellente complémentarité

Voici quelques images de la face antérieure en Trager, prises sur le vif alors que des nouvelles collègues m'avaient demandé de me filmer à des fins pédagogiques ... les mouvements sont donc "by the book" ici !

« Je me sens comme un nuage dansant » avait dit Chunglian Al Huang, un maître de Taï Chi, après que le Dr. Trager lui ait donné un massage. Il lui  offrit cette calligraphie en guise de remerciement, et elle devint

le logo de Trager International.

calligraphie chinoise Trager

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Aimeriez-vous vous sentir comme un nuage  dansant ?

 

Libérer les mouvements, voilà quelle est pour moi LA grande qualité de l'approche Trager. Les manières dont le corps est amené à s'abandonner à l'intérieur d'une multitude de mouvements doux et agréables induit un profond relâchement, transmis par la présence attentive, calme et détendue du donneur. En Trager, les tensions du thérapeute sont reconnues comme des sources (souvent inconscientes) de stress, de tensions et de micro-agressions pour le receveur.

"Mon seul objectif est de transmettre la paix" (Milton Trager)

"Créer la paix dans le monde, un corps à la fois" était le projet du Dr. Trager et j'en ai fait aussi le mien. Moi qui avait toujours préféré recevoir et donner des massages appliquant une grande pression, me faire "pétrir le plus fort possible" la musculature profonde, comme j'aimais à le dire : j'ai été renversée par la douceur et la légèreté extrêmes de ces mouvements pulsionnels pourtant bouleversants de profondeur et d'efficacité. J'ai réalisé que des mains ultra douces peuvent induire des effets internes bien plus importants et durables que le pétrissage et la grande pression qui peuvent être une forme d'agression pour les fibres musculaires. J'ai réalisé que je serrais les dents, trop souvent, en recevant un massage appliquant une grande force.

 

Grâce à des balancements rythmés et limpides qui demandent le moins d'efforts possibles à la personne qui les prodiguent, le corps qui reçoit se détend bien davantage que lorsqu'il ressent de grands efforts musculaires de la part de la personne qui donne. Cette connexion profonde entre le donneur et le receveur via leurs systèmes nerveux et leurs inconscients étaient des leitmotivs importants du Dr. Trager.

 

La notion de transmission est la clé de ce lien thérapeutique entre deux corps qui, à travers des mouvements ondulatoires, créent une sorte de danse guidée par la (le) praticien.ne en Trager. En transmettant la légèreté, elle ou il indique au système nerveux de la personne qui reçoit, les zones d'un confort inouï permettant un relâchement et une détente intuitive et éminemment thérapeutique. Cette délicatesse et cette fluidité ont un effet sur les tensions non seulement musculaires, mais aussi psychologiques. Parmi les étudiant(e)s du cours avec lesquels j'ai eu la chance de faire des échanges, plusieurs, dont moi, ont vu leurs problèmes de dos, d'épaules, de genoux ou de cou, mais aussi de stress et d'anxiété diminuer considérablement, voire se résorber depuis le début de la formation où il fallait, bien sûr, se pratiquer entre nous...

Danser comme un nuage, ce n'est pas seulement l'effet ressentit par le receveur de Trager, mais c'est l'objet d'un véritable partage et don de présence par celui qui le procure, que Milton Trager appelait d'ailleurs le "hook up", un état de connexion et de plénitude avec ce qui nous entoure. Les "mentastiques", qui accompagnent le soin en tant que complément et prolongement du hook-up, sont une forme de danse médicinale, je dirais, ou une médecine dansante, un art de l'abandon et du bien-être psycho-corporel et psycho-sensoriel.

 

L'intuition y est privilégiée, car la relation entre nos désirs d'une limpidité possible à la fois psychiquement, émotionnellement et physiquement y est immanente, méditative, toujours active et impressionnante quand on la laisse nous guider et qu'on laisse place au "lâcher-prise", comme certains diraient, à la connexion, diraient certains autres, ou encore le "hook up".

 

Il me fera un grand plaisir de vous faire découvrir ce soin induisant, au rythme de chaque corps, un effet durable, profond et cumulatif sur le stress et les tensions musculaires, mais aussi sur les symptômes de certaines maladies comme le Parkinson. la dystrophie musculaire, le cancer ou encore la sclérose en plaques, mais aussi sur les maux de tête chroniques, les problèmes de digestion, les troubles du sommeil, etc. De plus, ces soins sont parfaitement adaptés pour les femmes enceintes ou qui allaitent et leurs bébés et il est particulièrement indiqué en cas de postpartum.

 

Bref, tout le monde peut bénéficier d'un soin Trager et personne ne le regrettera. C'est un voyage transcendant les âges, les conditions et les sens.

 

Votre amour des massages ne sera plus jamais le même après avoir reçu un Trager!

calligraphie chinoise Trager

Et pourtant, depuis que je pratique en 2018, il m'est arrivé quelques fois de "frapper des murs" et de ne pas arriver à dénouer des tensions importantes chez certaines personnes qui venaient me consulter. Selon les attitudes et les attentes préalables, mais aussi selon la profondeur des tensions, leurs causes et leur nombre, je ne parvenais pas, avec le Trager seul, à mes fins. Mais c'est en me blessant au bras droit que j'ai véritablement eu besoin de trouver un complément à mon Trager chéri. J'ai alors recommencé les massages "durs et douloureux", car seule une souffrance momentanée très intense (mais continuellement à reprendre) me permettait de souffrir un peu moins le reste du temps. Alors que le médecin commençait à me parler de chirurgie, la myofascialogie est tombée à point dans ma vie largement déstabilisée et impactée par cette blessure durant plus d'une année !!! Et ça n'est pas si douloureux, du moins ça n'a pas "besoin" de l'être.

 

 Myofascialogie : la science des fascias

La myofascialogie est un terme inventé par un Québécois, Jean-François Brabant, un disciple de l'Américain J-F Barnes. Après avoir tout simplement traduit "Myofacial release" par "Thérapie myofasciale" au Québec, c'est en voyant que les "rouleaux de massage" employaient ces termes qu'il  a décidé que "myofascialogie" manquait à la langue française. Il a fondé l'Institut privé de Myofascialogie du Canada en 2001. Confronté au collège des médecins deux fois au cours de sa carrière pour "exercice illégal de la médecine", s'il a offensé la médecine en utilisant des mots qui lui sont réservés pour certains, pour d'autres il représente le courage et la détermination. J-F Brabant répète que tout ce qui compte, c'est que "ça marche" et que ça aide le plus de gens possible.

 

Naissant à notre conscience d'abord par la pratique thérapeutique en quête de soulagements, les fascias deviennent de plus en plus objectifs, logiques, étudiables et perfectibles, de sorte que les scientifiques s'y intéressent de plus en plus.

Bien que la connaissance scientifique des fascias soit encore très jeune comme le montre éloquemment le documentaire plus bas, les thérapeutes référés au Québec par la médecine traditionnelle reconnaissent déjà clairement l'efficacité des thérapies myofasciales dans la réduction des douleurs, parlant même d'une "sensation de rajeunissement, de libération" ou encore d'"amélioration de l’amplitude de mouvement  dès le premier traitement", ainsi que de "résultat efficace et durable".

Si vous avez des douleurs récalcitrantes et que vous aimez connaître les dernières découvertes scientifiques, ne manquez surtout pas ce documentaire sur les fascias :
 

La myofascialogie est un toucher puissant et patient, visant à faire "fondre" les tensions myofasciales. L'enseignement de J-F Brabant est très pratique et sensitif, voire poétique, basé sur des connaissances scientifiques qu'il n'est pas pour autant nécessaires d'avoir en tête pour appliquer les solutions. Une tension qui fond sous la main, c'est une tension qui fond sous la main. Une fois qu'on comprend et respecte le principe, il ne reste qu'à l'appliquer en écoutant le corps, ses textures, son rythme, ses sensations vécues.

 

 

Tout comme en Trager, le thérapeute ne doit pas être tendu, faire d'efforts excessifs ou se contracter, car il risquerait de transmettre la sensation de ses tensions et en provoquer de nouvelles. Là est le grand défi de myofascialogie, car ce toucher doit souvent exercer une certaine force, une pression ferme pour pénétrer  profondément dans les tissus lorsqu'ils sont prêts.

 

Il faut savoir distinguer entre la "bonne douleur" provoquée par le dénouement lent et patient d'une tension et la liquéfaction myofasciale qui le provoque, et la "mauvaise douleur" qu'une pression inutile, mal orientée, trop tendue et contractée ou encore dépassant le temps nécessaire pour redonner la souplesse aux tissus, est exercée. Comme en Trager, c'est la lenteur et la légèreté accompagnant des gestes précis d'une certaine fermeté qui donneront les résultats les plus durables et profonds.

 

Je n'ai pas terminé d'en apprendre sur cette précision et chaque corps a ses propres besoins de précision, de fermeté, de vitesse vers la profondeur, de douceur ou de dureté pour se relâcher. Être connecté, c'est le sentir d'emblée. Cela n'a rien d'ésotérique, il suffit de prendre le temps, de s'imposer la lenteur, la patience, et de cesser d'éviter de ressentir vraiment ce qui se produit. Toute émotion ou pensée est aussi inscrite dans le corps, plantée en lui, s'élargissant ou devenant plus aiguë, quand elle n'est pas rejetée, exclues, tue.

La technique que je suis en train de développer à l'aide des deux approches me réjouit au plus haut point. Je pense sincèrement que le Trager et la myofascialogie peuvent se rendre plus efficaces l'une et l'autre, sinon plus complètes.

Les puristes vont contester, mais je n'ai jamais été et ne serai jamais puriste pour ma part ! Je ne crois pas aux recettes miracles, et j'ai toujours détesté passer sans cesse sur les mêmes chemins. Je n'ai rien contre les chorégraphies ou les protocoles s'ils servent à permettre une stabilité minimale, toujours favorable pour assurer le sentiment de sécurité essentiel dans une démarche de relation d'aide où un important espace chaotique doit rester ouvert aux imprévus, à l'expression d'émotions intenses, aux prises de consciences révélatrices, troublantes, cathartiques.

Je trouve qu'il manquait à "mon" Trager (je ne veux pas parler pour les autres praticiens) une précision thérapeutique dans certaines situations, pour certains types de tensions, de douleurs. Et c'est en plein ce que la myofascialogie apporte. Quant à elle, je trouve qu'il lui manque une certaine fluidité, la douceur d'un rythme, d'un chant, alors pourtant que c'est exactement ce qu'elle produit comme effet sur les fascias. Ce que le Trager offre de fluidité des mouvements tout en décontractant en profondeur les articulations, la myofascialogie l'offre aux fascias qui se fluidifient en appuyant fermement et longtemps sur leurs contractions et concentrations, résultats de traumatismes, de mauvaises postures ou habitudes, de mouvements répétitifs ainsi que du stress, de la fatigue ou de diverses maladies. Liquéfier les fascias solidifiés demande une précision et une quasi-immobilité, mais ce n'est pas sorcier et c'est très durable ! C'est agréable et favorable à la détente d'entrecouper cette immobilité apparente d'un peu de vibrations, d'élongations, de balancements et de bercements caractéristiques du Trager, parfois avant certaines "pénétrations myofasciales" afin de préparer les tissus, et parfois après, afin de consolider la libération des mouvements. Ensemble et accompagnés de la présence attentive du donneur et du receveur, le Trager et la myofasciologie, bref, ont le pouvoir de redonner au corps sa danse et son chant.