Ma philosophie

Mon approche du lien social aidant est "phénoménologique", soit basée sur l'analyse directe de votre propre vécu physique et psychique, en vue d'une plus grande liberté psychocorporelle améliorant votre bien-être global.

Il faudrait compter l'histoire sociale parmi les facteurs d'organisation et de permanence de la vie psychique (Julia Kristeva, Les nouvelles maladies de l'âme)

La psyché humaine n'est pas une entité enfermée dans la conscience d'une seule personne, ni même dans son inconscient. Elle est profondément "relationnelle", donc psychosociologique, faite à la fois de social et d'individuel, de commun et de subjectif. En fait, l'un ne peut aller sans l'autre : ce sont les deux faces d'une même médaille. Ce que je suis dépend de l'autre et du monde, ce que ceux-là sont pour moi dépend de ce que je crois être.

Je connais l'esprit de beaucoup d'hommes
Et je ne sais pas qui je suis moi-même!
Mon œil est bien trop près de moi -
Je ne suis pas ce que je contemple.
Je saurais m'être plus utile,
Si je me trouvais plus loin de moi.
Pas aussi loin, certes, que mon ennemi!
L'ami le plus proche est déjà trop loin -
Pourtant au milieu entre celui-ci et moi!
Devinez-vous ce que je vous demande?

Nietzsche, Le gai savoir, Prière : aphorisme 25.

Je crois profondément que dans la société individualiste qui est la nôtre, le manque le plus important accablant ceux qui souffrent au delà de ce qu'il faut de douleur pour donner à la vie son piment, est relationnel, intime, intersubjectif. Des rapprochements, des vrais, sont manquants. Avec les autres, donc (oui oui!) avec soi. Le travail le plus urgent n'est donc pas un "travail sur soi" comme on ne cesse de le répéter, mais bien un travail sur la dimension sociale, sociologique de notre être. Non pas, comme on le voit trop souvent, en essayant de "changer l'autre" pour l'adapter à soi, mais bien plutôt, comme Nietzsche aimerait ci-haut que nous le devinions, en devenant à soi-même son propre compagnon, en se rapprochant d'abord de ce que nous sommes et voulons être, ce qui attirera inévitablement les autres plus près de nous. Puisque personne ne peut nous reconnaître tel que nous sommes si nous ne le faisons pas nous-mêmes avant tout.

Deviens ce que tu es !

Cette formule trop banalisée de Nietzsche, si bien expliquée dans ce texte des Inrockuptibles par le philosophe Dorian Astor, est centrale dans ma philosophie, L'homme est un pont tendu au dessus d'un abîme, dit encore Nietzsche, un équilibriste sur une corde entre l'animal et le surhomme. Comme le dit ici Maurice Corcos,  l'humain est le seul à se poser la question "Qui dois-je aimer ?". Mais si devenir ce que nous sommes ce n'est certainement pas, comme l'animal, rester en deçà de cette question (et suivre l'injonction trop souvent répétée : "cesse donc de te poser tant de questions!"), ce n'est pas davantage, comme L'humain trop humain, ou le dernier homme de Nietzsche, se la poser éternellement sans jamais pouvoir y répondre, sans jamais goûter à ce grand amour en s'engouffrant plutôt dans l'angoisse nihiliste de l'indécision et du manque de courage. La volonté de puissance nietzschéenne, c'est oser aimer ce qu'on aime en se posant éternellement la question de son avenir et de son devenir : comment donner à ceux qu'on aime et donc aussi à soi-même plus de force, plus de vigueur et de vitalité merveilleuse ? Cette tâche est sans fin et le plus beau projet qui soit pour les surhumains en devenir constant que nous sommes.

Celui qui se désignait lui-même comme le premier psychologue est clairement mon plus grand maître à penser, le philosophe le plus inspirant qu'il m'ait été donné de lire et relire. Bien que certains de ses textes et propos sont carrément désuets et doivent être replacés dans leur contexte, notamment en ce qui concerne le sujet des femmes, la question de la famille et de l'autorité paternelle ou encore l'influence attribuée à son œuvre sur la pensée nazie, celle-ci reste un chef d’œuvre inégalé d'originalité, de subtilité et de créativité émancipatrice, un véritable remède pour les maux de notre époque, dont le plus grand est sans doute que "Nous tous avons cessé d’être matériaux de construction d’une société..."

Ainsi, l'individu de notre époque, très mal interprété parfois comme un individualiste se rapprochant du surhomme de Nietzsche, comme si ce dernier avait un quelconque rapport avec le pervers narcissique, l'asocial ou encore l'homonuméricus, est en manque de "social" au sens le plus profond de ce qui le constitue et le construit comme être de sentiments, c'est-à-dire volonté de puissance.

Ironiquement, c'est en jouant sur les sentiments que la "société" actuelle, que nous devrions plutôt appeler "système" que société, étant donné que nous n'en sommes plus les matériaux, nous manipule, fait de nous son aliment et son produit, son profit. N'est-ce pas en avalant notre besoin de relations, notre soif d'intimité, notre désir de reconnaissance et de sécurité qu'agissent les médias sociaux, la propagande, la désinformation, la société du spectacle, la société de consommation et les valeurs si prégnantes aujourd'hui d'éternelle adolescence, de narcissisme, de matérialisme et d'assurance-qualité-vie-voyage-maladie-etc...? Et n'est-ce pas dans cette société-là aussi que les taux de suicides et de dépressions nerveuses sont les plus hauts de toute l'histoire de l'humanité ?

Aux déterminismes sociaux dont les normes dominantes n'ont qu'efficacité et rentabilité, performance, profit et richesses pour tous objectifs, j'oppose et j'affirme la liberté psychique et émotionnelle, l'amour de soi et de l'autre, l'empathie, le droit à la vulnérabilité, la connaissance de soi et de ses véritables besoins, distincts de ses désirs et de ses volontés, l'acceptation de la nécessité, la conscience de la relativité, l'ouverture, la communication, la créativité, l'autonomie.

La souffrance des individus comme effets de notre époque

Une souffrance psychique sans frontières, sans limites est souvent corrélative à une indistinction des réels besoins. Indistinction contre laquelle la société capitaliste ne fait rien, bien au contraire, car elle en profite largement. Or, l'absence de limites ou de frontières psychiques équivaut en fait à l'absence de formes (chez les Grecs anciens, les mots "limite" et "forme" étaient un seul et même mot) précède souvent l'arrivée des troubles mentaux. En effet, la folie écrit Michel Foucault, mon autre maître à penser, est "l'absence d’œuvre", or, qu'est-ce qu'une œuvre sinon la création d'une forme qui instaure la limite entre soi et le monde, une frontière entre son auteur, un sujet, et les objets qui lui sont extérieurs et qui le constituent notamment comme effets de pouvoir. Les "états limites", comme effets de pouvoir inconscients, non "autorisés", pourrions nous dire, par ceux qui en sont les sujets, sont ainsi en dehors d'une œuvre mise en forme, présentée, offerte au monde par son auteur.  On ne choisi pas la folie et ses diverses déclinaisons, on n'est pas l'auteur d'une souffrance hors limites, sans frontières.

Intervenir avant que cette dernière ne survienne est le rôle que je souhaite me donner. Vous aider à devenir l'auteur de l’œuvre d'art de votre propre vie est la mission que je chéris. En l'absence de ce qu'il est convenu d'appeler un "filet social" suffisant sur le plan de l'attachement et de la reconnaissance de soi et de l'autre comme singularités et subjectivités uniques, les relations humaines, la famille, les amours, les amis prennent le relais, lorsque cela est possible. En fait ça devrait être plutôt l'inverse, n'est-ce pas : un filet social devrait compenser pour les situations où il y a un manque d'amour familial, amoureux, amical, comme il devrait aussi le faire, comme on s'y attend encore davantage, au niveau matériel. Mais pour plusieurs personnes qui ont beau avoir la chance d'avoir un bon travail et les moyens matériels de bien vivre, les relations affectives satisfaisantes sont cependant absentes. À voir comment les sites internet de rencontre sont un marché florissant il est radicalement impossible d'en douter. Du sugar daddy, au sadomasochisme, au trip à trois ou à la recherche, parfois jugée utopique, de l'amour de sa vie sur internet, le choix est multiple et quasi aveuglant, au point parfois de se transformer en non-choix. Pour d'autres encore il manque de tout ce qui se résume à deux essentiels : argent et amour. Un véritable filet social légitime devrait pouvoir réellement prévenir le manque de l'un comme de l'autre.

 

Dans la faim et l'insécurité affective, c'est au besoin vital que nous faisons face, un manque qui ne devrait simplement plus exister sur terre en 2017. Comparé au besoin, le désir semble ainsi un caprice. Pourtant, face aux structures sociales contraignantes et exigeantes, le désir subjectif est un incontournable, parfois manipulé, parfois étouffé, mais toujours à découvrir et à écouter. Et ce désir, toujours, ne peut exister sans l'autre, l'interlocuteur et l'Autre avec un grand A : soit la société elle-même et ses symboles. Nous sommes des êtres de désirs, nous, humains trop humains. Des désirs aujourd'hui sur-stimulés, au point d'en écraser toute forme de véritable volonté.  On désire par défaut, on désire par manque, et non par vigueur ou vitalité, non par volonté de puissance... c'est-à-dire par amour de la vie. On désire par défaut. Tous en manque de ...

 

Structures sociales et sujets désirants sont deux faces d'une même médaille disent certains sociologues classiques (Durkheim en tête), mais l'une des deux a toujours été la plus dominante. Pile ou face ? l'individu a toujours été en dessous, face ombragée, écrasée, soumise à la société, aux parents, au travail, aux lois, à l'économie, au politique... et c'est bien normal et nécessaire direz-vous, car il faut bien une culture commune pour que chacun respecte chacun, pour que nous puissions nous entendre et nous comprendre, nous respecter. Soit. Mais quand "chacun" n'a plus aucune impression de participer vraiment à cette totalité, il est légitime de se questionner. Quand non seulement les individus de cette société n'ont pas l'impression que leur voix est entendue au chapitre des "décisions communes", mais que, pire, ils ont l'impression de ne même plus avoir voix au chapitre de leur propre vie subjective, incapables même de satisfaire leurs propres besoins, il devient nécessaire d'agir. C'est ce que j'aimerais faire, à ma petite échelle, avec les moyens que j'ai, en vous aidant à trouver et à renforcer en vous des forces vitales, une énergie renouvelable, une volonté de puissance en tant que sentiment d'amour de soi et de l'autre.

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Je vous ai parlé beaucoup de Nietzsche, un peu de Foucault aussi, qui est d'ailleurs un des ses admirateurs. J'espère de tout cœur que vous prendrez le temps, si cela bien sûr vous intéresse et si vous aimez lire, de consulter les multiples liens que j'ai déniché avec soin pour vous dans ce qui précède. Même si je ne peux en aucun cas cautionner tout Nietzsche, ce qu'il y a à retenir chez lui pour notre temps est phénoménal. Quant à Foucault, et à d'autres penseurs que je privilégies comme Jean Baudrillard, Hannah Arendt, Maurice Blanchot, Jacques Lacan, Julia Kristeva, J-B Pontalis, ou encore, plus près de nous et de moi : Nicolas Lévesque, Olivier Clain ou encore, en littérature, Catherine Mavrikakis, je vous promets des articles et des liens à venir. En attendant, j'aimerais terminer cette page en vous présentant et en interprétant par la suite pour vous une superbe métaphore philosophique, encore une fois de Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra :

DES TROIS MÉTAMORPHOSES

Je vais vous énoncer trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.

Il est maints fardeaux pesants pour l’esprit, pour l’esprit fort et patient que le respect anime : sa vigueur réclame les fardeaux les plus lourds.

Qu’y a-t-il de plus pesant ? ainsi interroge l’esprit robuste ; et il s'agenouille comme le chameau et veut un bon chargement.

Quel est le fardeau le plus lourd, ô héros ? —demande l'esprit courageux— afin que je le prenne sur moi et que ma force se réjouisse.

N’est-ce pas ceci : s’humilier pour faire mal à son orgueil ? Faire luire sa folie pour tourner en dérision sa sagesse ?

Ou bien est-ce cela : abandonner notre cause, au moment où elle célèbre sa victoire ? Monter sur de hautes cimes pour tenter le tentateur ?

Ou bien est-ce cela : se nourrir des glands et de l’herbe de la connaissance, et souffrir la faim dans son âme, pour l’amour de la vérité ?

Ou bien est-ce cela : être malade et renvoyer les consolateurs, se lier d’amitié avec des sourds qui n’entendent jamais ce que tu veux ?

Ou est-ce cela : descendre dans l’eau trouble si c’est l’eau de la vérité et ne point repousser les froides grenouilles visqueuses et les crapauds fiévreux ?

Ou encore cela : aimer qui nous méprise et tendre la main au fantôme lorsqu’il veut nous effrayer ?

L’esprit robuste charge sur lui tous ces fardeaux écrasants: tel le chameau qui, sitôt chargé, se hâte vers le désert, ainsi se hâte-t-il vers son désert.

Mais au fond du désert le plus solitaire s’accomplit la seconde métamorphose : ici l’esprit devient lion, il veut conquérir sa liberté et être maître de son propre désert.

Il cherche son dernier maître : il veut être l’ennemi de ce maître, comme il est l'adversaire de son dernier dieu ; pour la victoire il veut lutter avec le grand dragon.

Quel est le grand dragon que l’esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître ? « Tu dois », s’appelle le grand dragon. Mais l’esprit du lion dit : « Je veux. »

« Tu dois » le guette au bord du chemin, étincelant d’or sous sa carapace aux mille écailles, et sur chaque écaille brille en lettres dorées : « Tu dois ! »

Des valeurs séculaires brillent sur ces écailles et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons : « La valeur de toutes choses brille sur moi. »

Tout ce qui est valeur a déjà été créé, et toutes les valeurs créées sont en moi. En vérité il ne doit plus y avoir de « Je veux » ! Ainsi parle le dragon.

Mes frères, pourquoi est-il besoin du lion de l’esprit ? N'avons-nous pas assez de la bête robuste qui renonce et se soumet ?

Créer des valeurs nouvelles — le lion même ne le peut pas encore : mais se rendre libre pour des créations nouvelles — c’est là ce que peut la puissance du lion.

Se faire libre, opposer une divine négation, un « non » sacré, même au devoir : telle est, mes frères, la tâche où il est besoin du lion.

Acquérir le droit de créer des valeurs nouvelles — c’est la plus terrible conquête pour un esprit patient et respectueux. En réalité, c’est là un acte féroce et le fait d’une bête de proie.

Il aimait jadis le « Tu dois » comme son bien le plus sacré : à présent il lui faut trouver l’illusion et l’arbitraire, même dans le plus sacré, afin d'assurer sa liberté aux dépens de son amour, la conquête de la liberté : il faut un lion pour un tel rapt.

Mais, dites-moi, mes frères, que peut faire l’enfant que le lion n'ait pu faire ? Pourquoi faut-il que le lion ravisseur devienne enfant ?

L’enfant est innocence et oubli, un nouveau commencement et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation.

Oui, pour le jeu de la création, mes frères, il est besoin d'un « oui » sacré. C'est sa volonté que l’esprit veut à présent, c'est son propre monde que veut gagner celui qui est perdu au monde.

Je vous ai nommé trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment l’esprit devient lion, et comment, enfin le lion devient enfant.

Ainsi parlait Zarathoustra.

Et en ce temps-là il séjournait dans la ville qu’on appelle : la Vache multicolore.

Mon interprétation de cette superbe allégorie de l'esprit se rapproche certainement de plusieurs autres, dont celle-ci. Je tente plus bas d'en rendre compte dans une version exemplifiant le rapport d'un esprit contemporain à la relation de soins et de soutien psychologique. Cette allégorie est celle de toute une histoire  humaine, quelle soit individuelle ou collective, mais je la traduirai ici comme celle d'une histoire thérapeutique bien contemporaine, pour le plaisir des mots et de l'imagination.

 

Le sujet arrive pour sa première séance avec sa nouvelle thérapeute. Son esprit est comme un chameau robuste et courageux, il a écrasé son orgueil pour venir me voir et il me dit "sauve-moi", "dis-moi quoi faire pour aller mieux, nourris-moi de tes connaissances, de tes soins et de tes bonnes recettes, j'en suivrai toutes les étapes, je m'en remets à toi". Il me prie de savoir déjà, avant même de le connaître, ce dont il a vraiment besoin. Il me veut efficace et performante, compétente comme il se doit, sinon je ne serais pas là. Il est capable d'en prendre, prêt à entendre ce qui ne va pas chez lui, ce qu'il devra changer, parce qu'il est beaucoup trop, ou pas assez. Il veut connaître ses défauts, ses qualités, que je lui dise comment et en quoi, s'améliorer. Il veut souffrir pour pouvoir un jour, beaucoup mieux jouir. Il veut peut-être même devenir un héros, comme à la télé. Conquérir les plus belles femmes, les plus beaux hommes, avoir la terre entière à ses pieds. Pour ça, il sera prêt à payer, de son temps, de son argent, et même de ses sentiments. On lui a dit que ça en valait la peine. Il demandera au grand dragon de le protéger. Il attendra que je me charge moi, de bien le charger. Que je lui dise "tu dois" ! Il obéira s'il le faut, à toutes mes prescriptions, si seulement j'acceptais de lui en donner. Il demandera que je veuille pour lui, jusqu'à ce qu'il en comprenne toute l'impossibilité. Alors seulement il se révoltera. Peut-être d'abord contre moi, car je ne serai pas à la hauteur de ses espérances. On lui avait pourtant dit que... et là il m'en voudra, il me dira que je ne suis pas celle que je prétend être, jusqu'à ce qu'il comprenne surtout que lui-même n'est pas celui qu'il prétend être... Alors sa colère grondera encore, cette fois contre le monde entier, contre tous ceux qui l'ont fait, et dont il contestera, enfin, toutes les fausses vérités ! Il cherchera alors à les remplacer par des vérités encore plus grandes. "Je veux Ma vérité", telle sera maintenant sa mission, et il luttera, comme un lion, envers et contre tous, peut-être même jusqu'à s'épuiser et abandonner. Il cherchera des coupables et il les trouvera. Parmi les siens et les autres. Parmi les pensées, les actes et les sentiments. Parmi toute cette société. Il dénouera par lui-même, devant moi qui l'encouragerai et l'écouterai, toutes les ficelles dans lesquelles il s'était laissé empêtré. Et cet esprit trouvera, librement, son propre néant. Il résistera d'abord à l'accepter, à devenir indifférent à son immense désir de vérité et encore plus, indépendant de ceux qu'il aime, jusqu'à ce qu'il comprenne que c"est là, où se trouve sa plus grande liberté. Mais le réaliser est une chose, et le vivre en est une autre. Il lui faudra pratiquer, probablement aussi rater. Car créer son propre monde n'est pas chose donnée. Je serai là, pour l'aider à se relever, sans pour autant le faire à sa place. Tranquillement, il réapprendra à marcher. Il trouvera que le sol a changé et il le tâtera avec d'autres mains, d'autres genoux et d'autres pieds. Bientôt il osera enfin culbuter, pirouetter et s'affirmer sans réserves, il verra comme il peut être facile de jouer, de jouir et d'aimer. Comme un enfant, il ne se demandera plus "qui aimer" ou comment, mais il aimera, il aimera sans compter. Il portera à sa bouche, et à celle de tous ceux qui feront vibrer ses sens, les nourritures de la terre renforçant sa santé. Il ouvrira alors son cœur à l'inattendu, à la différence et à la nouveauté et cessera de tout prévoir, de tout anticiper. Au lieu d'être anxieux et paralysé, il s'abandonnera librement au jeu de la création avec tout ce qui est. À la place de stresser face à ce qu'il ne peut pas contrôler, il prononcera artistiquement un Oui sacré ! Alors il découvrira un monde plus doux, plus merveilleux ! Son monde à lui, que sans fin, il s'amusera à créer...